Communauté apostolique Saint-François-Xavier

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Rencontrer l'Ukraine à Taizé

Pour la quatrième fois cet été, une rencontre amicale à Taizé a pris le relais des « instituts d’été » qui chaque année jusqu’à l’invasion russe rassemblaient aux environs de Kiev des étudiants ukrainiens et des conférenciers venus d’Ukraine, de Russie, de France, d’Italie… J’ai eu la joie de participer plusieurs années à ces rencontres qui construisaient inlassablement des ponts culturels et spirituels entre nos cultures respectives. Nous étions nombreux à ne pas prendre notre parti que la violence d’un régime totalitaire en supprime l’existence. D’où l’idée de demander à la Communauté de Taizé, amie de longue date de Constantin,

d’accueillir pour une semaine notre petit groupe auquel se sont vite adjoints d’autres personnes habitées par le même souci de partager l’épreuve du peuple ukrainien, d’en porter l’espérance dans la prière, et d’en découvrir la culture. SFX participait à cette rencontre à travers deux d’entre nous : Saskia Beutler et moi-même.

Nous étions plus de 30 cet été : une dizaine d’Ukrainiens, en particulier Constantin Sigov et ses collaborateurs aux éditions Duh i Litera (L’Esprit et la Lettre) qu’il dirige, mais aussi deux ou trois autres personnes, réfugiées en France, qui avaient été invitées par certains d’entre nous. Le thème retenu pour nos échanges était « La vérité contre les idoles ». Grâce aux contributions des uns et des autres, ce thème a pu être abordé sous de multiples facettes, artistiques, politiques, philosophiques, bibliques, spirituelles… Nous avons découvert l’œuvre de Lessya Oukraïnka, poétesse nationale ukrainienne, de Vassyl Stus, grand poète mort au Goulag, de jeunes artistes, peintres et mosaïstes contemporains, faisant de leur art une arme pacifique de résistance courageuse à l’injustice. Nous avons pu assister au spectacle donné par des étudiants de l’université gréco-catholique de Lviv, associant le mystère de Noël, dénuement et espérance mêlés, et la situation actuellement vécue par leur peuple, à travers des poèmes écrits en pleine guerre.

Quelques mots des participants résument, mieux que des discours, l’expérience ainsi vécue : « une jeunesse qui fait face à la guerre » ; « poésie, l’ultime de la résistance » ; « joie et amitié » ; « une rencontre qui redonne confiance » ; « rencontre fraternelle, riche et féconde, dans la simplicité unifiante de Taizé » ; « esprit », « amitié » …

L’amour fait de ces choses.

Marguerite Léna

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